Les lits clos
Article mis en ligne le 17 avril 2021
dernière modification le 15 juillet 2021

par Eric
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En Bretagne, essentiellement, le lit clos (gwele kloz en Breton) était un meuble qui cumulait les fonctions de lit, d’armoire, de coffre et de banc. C’était le mobilier principal de la demeure ou de la ferme. Ce meuble étant fermé de tous côtés de panneaux de bois, on y pénètre en écartant des rideaux, en ouvrant une porte sur charnière ou en faisant coulisser une ou deux portes sur glissières. Le lit est placé en hauteur pour éviter l’humidité due à un sol de terre battue, un banc-coffre de même longueur sert donc de marchepied ainsi que de banc à lingerie le reste du temps.

Le lit clos est un meuble traditionnel de la Bretagne, et l’est resté plus longtemps qu’ailleurs en Basse-Bretagne. Dans des logements habituellement constitués d’une seule pièce, abritant toute la maisonnée, le lit clos permettait un peu d’intimité et conservait la chaleur de ses occupants l’hiver. Il pouvait être à deux niveaux ; dans ce cas, les jeunes dormaient à l’étage.

C’était le meuble principal des maisons rurales bretonnes jusqu’au 20e siècle. Souvent sculpté et orné, il était une fierté pour ses propriétaires. Ils mesuraient entre 1,60 et 1,70 m ; dimension suffisante pour les Bretons qui étaient assez petits et aussi parce qu’ils se couchaient presque assis, adossés à trois ou quatre oreillers.

Ne correspondant plus à la norme ni à la mode, les lits clos ont été progressivement abandonnés aux 19e et 20e siècles. De beaux exemplaires de ces meubles ont été placés dans les musées de Lampaul-Guimiliau, Nantes, Quimper, Rennes, St-Brieuc, etc., pendant que la plupart se voyaient plus ou moins reconvertis en bibliothèque, vaisselier ou en meuble-télé. Beaucoup ont suivi l’émigration bretonne un peu partout en Europe, ou ont été emportés chez eux par des touristes.

Les paysans bretons dans leurs fermes n’avaient le plus souvent qu’une seule grande pièce où étaient disposés les lits clos en enfilade contre les murs latéraux ou contre celui du fond à l’opposé de la cheminée.

Des décorations et des ornements étaient principalement réservés aux panneaux coulissants du lit. Les principaux ornements étaient des rosaces en roues de charrettes (fuseaux de bois) particulièrement en Cornouaille, et des têtes de clous de cuivre disposés sur les bords des panneaux (vus fréquemment en pays bigouden) et parfois même de la marqueterie chez les gens les plus aisés.

Les clous dorés ou cuivrés pouvaient même former des inscriptions comme les noms et la date du mariage des époux.

Devant le lit, se trouve le banc-tossel qui sert à la fois de marche-pied pour grimper dans le lit (parfois à plusieurs étages), mais aussi de coffre et de siège.

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