Un grand monsieur nous a quittés...
Article mis en ligne le 22 avril 2020
dernière modification le 2 mai 2020

par Yannick
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André Dubois
1925-2020

André Dubois maître-vielleux et affineur à Chavignol, fondateur de la Sabotée Sancerroise nous a quittés. Nombre de vielleux et de musiciens ont eu la chance et le bonheur de le rencontrer, de jouer avec lui, de participer aux stages qu’il organisait, de compter parmi ses amis. Au revoir Dédé...

Hommage de la Sabotée Sancerroise à André Dubois

Dédé nous a quittés

Tout a débuté à Chavignol dans les années 1950, André Dubois qui jouait déjà de la vielle a organisé un spectacle avec les écoliers. L’idée était lancée, quelques années plus tard en 1955, Dédé comme on avait l’habitude de l’appeler, fonde la Sabotée Sancerroise, il collecte avec ses amis les danses et musiques du pays en organisant des soirées dans tous les villages du Sancerrois. 65 ans après les vielles sonnent encore, et ironie du sort, c’est dans les murs de l’ancienne école de Chavignol que la Sabotée se retrouve maintenant.

A travers la Sabotée, Dédé était aussi très investi au sein de la fédération des Arts et Traditions Populaires du Centre et du Massif Central. Élu en 1972 il a exercé différentes fonctions : trésorier adjoint, responsable de la commission des fêtes, vice-président fédéral (région nord) et président d’honneur.

Dédé a consacré sa vie à ses passions : son métier d’affineur de crottin de Chavignol, sa famille et surtout la vielle. Il a transmis à ses enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants cette passion pour la musique et la danse. Maître-vielleux, il a également transmis ce savoir autant qu’il a pu à des dizaines de musiciens. Il recevait les jeunes de la Sabotée dans son sous-sol, près de la cheminée avec le crépitement des bûches en guise de métronome. Ces apprenants se rappellent encore ses petites phrases : « non pas comme ça » « manivelle en haut » « pas si vite » « Dix minutes un quart d’heure tous les jours pas d’pus, pas d’pus » …
Certes bon vivant et jovial, on ne peut oublier ce Dédé qui parfois avait son petit caractère, il aimait la rigueur et la réussite. Il aimait à ce que la Sabotée réalise des prestations de qualité et soit à la hauteur du renom du Sancerrois. Alors c’est avec beaucoup de fierté que les danseurs et musiciens accueillaient ses compliments à la fin des représentations, surtout les plus jeunes. Il ne le disait pas, mais on le sentait fier de son groupe. La Sabotée c’était une grande famille (et ça l’est toujours) avec des hauts et des bas, des moments de partage, de travail et de rigolade.

On voyait rarement Dédé sans sa vielle, mais on ne le voyait jamais danser, ce qu’il aimait c’était faire danser. Il entraînait tout le monde au son de sa vielle partout où la Sabotée était invitée en France ou bien au-delà des frontières. On pense particulièrement à l’Angleterre, et à nos amis du groupe des Monkseaton Morrismen, l’amitié de nos deux groupes est née d’une amitié entre les deux familles Dubois et Brown lors d’un voyage avec les Thiaulins de Lignières en 1974.

Dédé nous parlait beaucoup de ses bons souvenirs avec ses amis : Roger, le p’tit Louis, Gaston … Il aimait jouer en pensant à eux. Aujourd’hui la sabotée est orpheline de son fondateur et même si nous ne pourrons lui dire un au revoir comme nous l’aurions souhaité, nous continuerons à jouer de la vielle et à danser comme il l’aurait aimé. Ne pleurons pas, il ne l’aurait pas souhaité, rappelons-nous à nos bons souvenirs passés avec lui.

Au revoir Dédé

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