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Alain Colas, navigateur
Article mis en ligne le 10 avril 2019

par Eric
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Né le 16 septembre 1943, Alain Colas, fils d’un artisan faïencier réputé, passe son enfance dans une famille soudée à Clamecy. Dans ce haut-lieu du flottage du bois qui permit à Paris de se chauffer pendant 4 siècles où l’épopée des trains de bois marquent encore le décor, le jeune Alain dévore des livres d’aventures et cultive ses rêves d’évasion et d’héroïsme.

C’est sur l’Yonne, à bord d’un kayak qu’Alain prend pour la première fois contact avec la navigation. Habitué d’un plongeoir à trois niveaux surplombant la rivière où il adore faire le saut de l’ange, il constate un jour que la mairie a décidé de l’enlever, s’insurge et lance comme un défi au maire qu’il va créer un club de canoë-kayak.

Nous sommes en 1963. A 19 ans, Alain Colas n’a aucune idée de la manière dont on fabrique une embarcation. Il trouve, à Nevers, une société de fabrication de bateaux, et, en s’appuyant sur une soif de savoir qui ne lui fera jamais défaut, il apprend, étudie puis construit avec ses copains les canoës du club. Une expérience qui nourrira ses constructions futures et prouve déjà son talent d’organisateur et sa capacité à aller au bout de ses idées avec une minutie et une ténacité probablement héritée des gestes sûrs et précis des maîtres faïenciers qui ont bercé son enfance. Le tout sur fond de soif de compétition basée sur une devise claire « démarrer à fond, accélérer tout au long et finir au sprint ».

Il veut réussir par lui-même, se tracer un destin de grand voyageur exemplaire et exotique à l’instar de son grand-père maternel.

En 1976, Michel Etevenon, homme de spectacle passionné de voile lance l’idée d’organiser une course transatlantique en solitaire d’organisation française, la Route du Rhum, concurrente de la Transat anglaise qui décline. Elle partira de Saint-Malo et suivra l’itinéraire emprunté, à partir du milieu du XVIIe siècle, par les navires négriers qui emmenaient les esclaves aux Antilles. Cette course qui s’annonce comme un événement médiatique majeur renouvelle les standards de la course à la voile.

Deux ans plus tard, le 5 novembre 1978, Alain Colas prend le départ, sur son « vieux » Manureva, à Saint-Malo, de la première édition de la Route du Rhum. Quand il lance son dernier message, après dix jours de course, il est en tête et peut logiquement espérer l’emporter puisqu’il bénéficiera désormais, jusqu’à l’arrivée à Pointe-à-Pitre, de vents portants qui favoriseront son trimaran par rapport aux monocoques qui le talonne.

La tempête qui se déchaîne les jours suivants a pourtant raison de ce marin d’exception qui disparaît mystérieusement à l’âge de 35 ans. Le 15 novembre, Alain Colas regrettait une fois encore que les liaisons radio entre tous les skippers ne fonctionnent pas mieux : « nous sommes tous solidaires quand le temps est dur et la radio est la cordée qui unit les hommes.... »

Après l’ultime appel du 16 novembre, la radio de « Manureva » reste définitivement muette. A-t-il été heurté par un cargo ou éperonné par un orque ? A-t-il été disloqué par un phénomène météorologique imprévisible ? Les hypothèses les plus folles sont avancées...
Quand Alain Colas disparaît en mer ce n’est pas pour s’isoler sur une île déserte comme on l’a envisagé, mais en allant, une fois encore, à l’image de toute sa vie, jusqu’au bout de son rêve.

Quelques mois plus tard, « Manureva », la chanson la plus célèbre d’Alain Chamfort envahit les ondes et ne cesse, depuis, de rendre hommage à son dernier voyage. Une légende ne meurt jamais...

(Source : alaincolas.com)

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