Hippolyte Morestin
Article mis en ligne le 1er décembre 2020

par Eric
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Pendant la première guerre mondiale, il était l’un des plus éminents chirurgiens au monde. Inventeur de gestes que l’on pratique encore en chirurgie plastique, Hippolyte Morestin est pourtant inconnu du grand public, et plus encore en Martinique où il est né.

Hippolyte Morestin a été le premier à réparer les visages brisés, voire déchiquetés de milliers de soldats victimes d’obus sur le front de 14-18. A l’hôpital militaire du Val-de-Grâce ou à l’hôpital de la fondation Rothschild à Paris, pendant les quatre années de la guerre, il soigne des plaies jamais vues jusqu’alors. Le médecin invente alors des techniques encore utilisées aujourd’hui.

A l’école de médecine, on parle aux étudiants des opérations de Morestin. Des opérations de tumeurs par le plancher buccal, par exemple. Il a même inventé un appareil qui permet d’aspirer le sang et la salive, explique Xavier Chevallier, conservateur en chef des bibliothèques de la collectivité territoriale de Martinique, qui a mené de nombreuses recherches sur le médecin. Selon lui, Hippolyte Morestin était souvent le dernier espoir des cas désespérés et opérait avec un soin inédit pour l’époque des lupus, des kystes, des appendicites ainsi que les malformations congénitales comme les becs de lièvre ou les oreilles décollées.

Né à Basse-Pointe, en Martinique, ce blanc créole quitte le territoire dès le lycée pour étudier à Paris. Lorsqu’il y découvre la médecine, il lui dédie toute sa vie, en particulier la chirurgie esthétique, il n’était passionné que par ça. En plus de 35 ans de carrière, il a écrit plus de 600 articles sur le sujet.

Quelques soient l’âge, la bourse et la provenance de la personne malade, Hippolyte Morestin était vraiment dévoué à soigner ceux qui souffraient. Il a œuvré à réparer, soigner, guérir et surtout a ramené une dimension sociale dans son soin, précise son arrière-petite-nièce, Gwenola Balmelle.

Dans sa famille, on garde encore des photos de lui et des anecdotes de ses rares retours en Martinique. Quand il rentrait, il opérait gratuitement tous ceux qui en avaient besoin. Hippolyte Morestin est mort seul et sans descendance en février 1919 à Paris, emporté par une pneumonie.

Source : La République du Centre du 10 novembre 2020.

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