Les scieurs de long
Article mis en ligne le 8 mai 2020

par Yannick
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Le terme générique de « scieur de long » recouvre plusieurs professions dont l’origine est plurimillénaire, même si c’est depuis le XVe siècle qu’ils sont reconnus comme une profession à part entière. Les scieurs de long sont chevriers ou renardiers (celui qui se trouve en haut de l’échafaudage se nomme « chevrier », celui qui est en dessous se nomme « renard », et il protège ses yeux de la sciure par un vieux sac ou un grand chapeau1). Debout sur le rondin, ou plus souvent une pièce précédemment équarrie à la hache, le chevrier (ou écureuil ou singe) remonte la scie, qui descend ensuite de son propre poids, aidée par l’impulsion du renardier (ou renard ou patron) qui se situe sous le rondin. Une équipe peut ainsi réaliser un travail d’une grande efficacité.

Le métier a connu un développement spécialisé des scieurs de longs du Massif central, principalement au XIXe siècle et au début du XXe siècle (sources), les travailleurs étant souvent saisonniers et nomades.

Le sciage de long est aussi une tâche liée aux chantiers de charpente. De moins en moins pratiqué bien qu’existant de façon traditionnelle dans certains pays, il est souvent pratiqué en France lors de démonstrations, et par une minorité de charpentiers façonnant leur bois d’œuvre à la main. Les scieurs de long produisent ainsi tout le débit secondaire de charpente (chevrons, tournisses, planches...) et les plateaux de menuiserie.

À cadre ou à lame rigide suivant les époques et les lieux, les scies de long utilisent des dents rabot asymétriques qui ne travaillent que dans un sens. La lame démontable permet d’être retirée du bois au milieu de la longueur lorsque le bois s’est resserré sur le trait de scie, ou que des coins maintiennent ce dernier ouvert. La denture nécessite un affutage parfois savant, opéré à la lime. À noter qu’au Japon, le sciage s’effectue à une personne, parfois latéralement. Plus laborieux que l’équarrissage à la hache ou à la cognée du bois d’œuvre, le sciage présente comme difficulté particulière la manutention des pièces de bois en hauteur, effectuée à l’aide d’une chèvre de sciage, ou bien d’une chèvre de levage et d’un tréteau de scieur. Parfois, une fosse était creusée sous les madriers ou grumes à scier.

Quelle que soit la technique, le passage de la scie au niveau des appuis de la pièce sciée nécessite un déplacement de celle-ci, généralement en la faisant pivoter, verticalement ou horizontalement sur son support central, et en attaquant par l’autre bout. Cette technique crée, par rupture anticipée du reste de bois lorsque les deux traits de scie sont sur le point de se rejoindre, une marque de forme trapézoïdale, fréquemment rencontrée dans les charpentes anciennes.

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