Le boisage des mines
Article mis en ligne le 3 mars 2020
dernière modification le 28 mars 2020

par Eric
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Dans l’esprit populaire les mines se rattachent essentiellement au Nord de la France puisque c’est dans cette région qu’elles étaient le plus nombreuses. Cependant le boisage des mines, nécessaire et indispensable était la plupart du temps réalisé par des spécialistes. Ces boiseurs étaient bien souvent formés dans le sud-ouest de la France.

Dans le Bassin de Decazeville-Aubin, les « gueules noires » ont exploité les mines de fond jusqu’au début des années 1960. À l’instar des marmottes grégaires, les mineurs ont creusé des kilomètres de galeries souterraines afin d’en extraire le charbon à la sueur de leur front. Véritables artères du système d’exploitation, ces galeries - lieu de passage obligé pour les hommes, le matériel, la remontée de la houille - devaient être sécurisées pour éviter la chute de blocs de pierre ou tout risque d’éboulement.

Dès que l’on créait une portion de galerie ou attaquait un front de taille, les boiseurs entraient en action. Dans notre région, les forêts aux alentours fournissaient du chêne, du pin ou encore de l’acacia. Mais le pin était le plus apprécié car, comparé aux autres essences, il avait la particularité de « parler ». Son craquement pouvait annoncer un danger imminent, sous la pression de certains terrains.

Le boisage le plus courant, dit à trois pièces, comportait deux pieds droits (piliers) surmontés d’un chapeau (comme un linteau). Les entailles se faisaient à la hache et il y en avait deux sortes : la gorge de loup et la double entaille. Des planches ou rondins couraient d’un cadre à l’autre. L’ensemble devait être bien positionné. Aux mines de Campagnac (Cransac), les boiseurs étayaient les galeries avec un astucieux assemblage dodécagonal : douze pièces de bois qui enserrait et protégeait entièrement la galerie.

Au fil du temps, les boiseurs devinrent des spécialistes. Ils effectuaient leur apprentissage au centre de formation des mines de Saint-Michel (à l’actuel emplacement de l’AFPA) et à la mine école de Bourran. Ces spécialistes de la taille du bois habillaient également des cheminées, petits puits creusés verticalement pour relier deux galeries situées l’une au-dessus de l’autre. On les appelait encore après un éboulement pour qu’ils mettent en place un boisage spécifique en quadrillage. C’était un métier risqué mais bien payé.

Pendant longtemps, le bois a été utilisé. Puis, la modernisation remplaça progressivement les cadres en bois par des cintres métalliques qui avaient l’avantage de pouvoir se déformer quand un terrain travaillait. Deux genres de soutènement métallique étaient utilisés : le cintre Clément constitué en deux parties, le cintre Toussaint-Heintzmann en trois parties. Ce type d’étayage, lors de la taille, faisait appel en outre à des étançons. Une page des locataires des ténèbres se tournait…

On peut visiter des reconstitutions de galeries au musée de la Mine à Aubin et au musée de l’ASPIBD à Decazeville.

Source : La dépêche.fr - Publié le 18/02/2018 à 03:51, mis à jour à 10:30

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